L'émission

6 Déc 2019

Emission no103

Ce n'est qu'un début !

01:42:43

Perdre sa vie à la gagner. En voilà une expression courante.

Mais finalement, que gagne-t-on à travailler, à part ce que les plus marxistes parmi nous décriront comme un salaire échangé contre une force de travail ?

Dans ses origines étymologiques, le verbe gagner revoie à l’action de faire paître du bétail. De là à en conclure que les travailleurs sont des moutons, comme dans les Temps Modenes de Chaplin, suffisamment de commentateurs réacs sont là pour le dire.

Une fois sa vie gagnée – ou pas – et l’aboutissement d’une carrière professionnelle commence un nouvel âge, le troisième paraît-il : celui de la retraite, celui où l’on se retire de la vie active. Mais, franchement, qui connaît vraiment des retraités non-actifs ? La retraite devrait être un bel âge : un âge où l’on récupère sa pension, une forme de salaire socialisé tout en étant détaché de l’emploi. Un âge où l’on peut s’adonner à toute forme de loisirs, de plaisirs, peut-être même assouvir des désirs, allez savoir. Un âge qui déplaît en tout cas aux capitalistes car il est signe – selon eux – d’oisiveté et de capital qui s’évapore.

Voilà pourquoi les multiples réformes des retraites – Balladur, Juppé, Fillon, Woerth, Touraine, Delevoye – toutes ces réformes sont dogmatiques, idéologiques avant même d’être budgétaires, financières. Il faut arrêter ce système insupportable où la solidarité nationale empêche des centaines de milliards de passer par la poche de boursicoteurs qui dirigent ce triste monde.

Gagner leur vie à nous la faire perdre, voilà leur crédo à eux, leur combat permanent.

Retraites, pensions, allocations, revenus minimums, sécurité sociale en général, mais aussi éducation publique, transports, hôpitaux, énergies, routes, aéroports, associations, services, etc etc. Tout est bon pour faire du pognon, et si possible avec une dose d’ubérisation histoire de presser un peu plus le citron.

C’est donc une émission un peu spéciale que nous vous proposons ce soir. Non pas par sa thématique – vous ne serez pas déboussolé – mais par sa forme car on va tenter de croiser ces combats communs, trop souvent laissés cantonnés à des cases distinctes.

Salut, c’est Racailles Radio.

Au sommaire :
– Il y a 33 ans, Malik Oussekine était assassiné (Manu)
– table ronde sur les luttes en cours avec Guillaume (Sud Rail), Claire (Sud éducation), Martine (CGT Précaires chômeurs), Manu (KIC-Cip), et Simon et Adrien, auteurs de Pour la grève (ed° Grevis), Morgane  (XR)
– l’ajourdal, le journal des nouvelles pas encore passées
– la revue de presque (Arno)
et nos conneries habituelles !